La culture biologique

Nos Côte-Rôtie sont cultivés en Agriculture Biologique depuis la fin des années 90 (reconversion officielle depuis 2002).
Le relief de notre appellation étant très prononcé, nous utilisions, comme beaucoup, des désherbants chimiques, ce qui nous permettaient de limiter le besoin de main d’œuvre, malgré tout énorme. Nous utilisions aussi, très modérément des engrais minéraux. Au bout de quelques années nous avons constaté un certain nombre de problèmes dans la structure des sols et la vie des ceps. Après pas mal de questions et d’essais, nous avons repris les labours et griffages, bien que le relief de la Côte-Rôtie rende cette pratique très difficile. Seules quelques parcelles sont mécanisables. Pour les parcelles les plus en pente, nous sommes obligés de labourer avec un treuil, et de finir à la pioche. Nous avons maintenant besoin de pratiquement une personne par hectare.

En hiver, lors du repos de la vigne, les sols restent naturellement enherbés, cela contribue à la vie microbienne des sols et à la lutte contre l’érosion. En fin d’hiver ou au début du printemps a lieu une première “façon”. Ces “façons” (labours) se poursuivent jusqu’au milieu de l’été, afin que l’herbe ne concurrence pas la vigne. Pour améliorer la structure nous ne fertilisons plus avec des engrais minéraux, mais avec des composts de fumier, qui sont épandus manuellement à l’automne.

L’expérience nous a montré l’amélioration de la structure des sols par une agriculture biologique.
Les terres de nos vignes sont des sols d’"arzel" (micaschistes décomposés), naturellement pauvres et très caillouteux. Une parcelle longtemps désherbée chimiquement et ne recevant pas de matière organique a un sol déstructuré et sans cohérence, qui va donc donner une grande prise à l’érosion, et, à long terme, perdre ce qui fait les qualités de ce terroir. Les sols travaillés mécaniquement, gardant un peu d’herbe et recevant du compost ont une structure plus grumeleuse et se "tiennent" mieux, ils sont moins emportés par les éléments naturels.

Cette manière de travailler aide aussi à maîtriser la vigueur de la vigne et lui apporte un bon équilibre. Les ceps ont une meilleure résistance aux diverses maladies et prédateurs, et donc un besoin modéré en traitements phytosanitaires. Nous traitons donc assez peu, uniquement suivant les besoins de l’année, avec du soufre, de la bouillie bordelaise, et des tisanes de plantes. Cela permet un bon équilibre écologique dans nos parcelles, avec une faune diversifiée. (Nous voyons souvent plusieurs variétés de coccinelles et autres insectes sur les sarments).

Ces constatations, ainsi que les résultats de différentes études ( santé des travailleurs, résidus dans les vins...) nous encouragent à poursuivre dans notre choix de l’agriculture biologique, qui pour nous est l’avenir de la viticulture.

Culture biologique

comparaison sol bio / sol conventionnelle